Bon vent Miyazaki !

Le jeune garçon Jiro rêve de piloter un avion mais atteint de myopie, il sait qu’il ne pourra pas le devenir. Sa fascination pour l’aviation, l’amène à imaginer l’avion parfait. Jeune homme combatif, c’est dans ses rêves qu’il puise la force de réussir avec la présence de son héros, l’italien Caproni qui le soutien. Faute de pouvoir voler, il deviendra ingénieur.

sans-titreEt c’est avec des idées innovantes qu’il intègre le département aéronautique de la société Mitsubishi. Jiro a l’ambition de concevoir le plus beau, le plus révolutionnaire des avions. Une passion qu’il accomplira envers et contre tout, même si le couronnement de son génie s’illustrera sur les champs de bataille. Seule Nahoko, son unique et grand amour, lui apportera un souffle de vie et de douceur dans sa quête. Mais à quel prix !

Un film tendre par ce héros qui est tout en retenue dans ses sentiments. Poignant par le rythme du silence entre les scènes. Empreint d’humanité où la mention du bien et du mal n’est jamais tranchée, l’ingénieur dans sa conception des avions est un artiste. Un enfant qui le reste au final tout le long de sa vie. Il a des doutes mais ils sont balayés par ses rêves dont il retrouve à chaque fois l’ingénieur italien Caproni, qui l’accompagne et le prend par la main. Le film nous transporte dans l’histoire du Japon de l’entre-deux-guerres. Le personnage de Jiro est représentatif de cette période. Il combine deux personnage en un. Celui de Jiro Horikoshi, l’ingénieur aéronautique qui a conçu et réalisé le légendaire chasseur bombardier léger Zero, et le romancier Tatsuo Hori qui a écrit un livre pour sa femme atteinte de tuberculose « le vent se lève ». Il se confronte à la pauvreté de son pays, une pauvreté caché avec trois enfants qui attendent leurs parents la nuit dans la rue. Le train que l’on voit de nombreuses fois, trace la ligne du temps et transporte le héros dans chaque étape de sa vie. Miyazaki a su sans être lourd de sens planter le décor de cette période, avec des éléments qui ne permettent pas de doute. L’incendie causé par le séisme qui a ravagé la ville de Tokyo en 1923, la faillite bancaire de 1927 et les relations entre le Japon et l’Allemagne dans les années 30 et 40. Mais la subtilité de Miyazaki, est de ne pas porter de jugement sur les ingénieurs aéronautiques de cette époque. Les concepteurs d’avion sont d’avantage des artistes qui conçoivent et réalisent pour lui. « Le vent se lève, il faut tenter de vivre », ou le rêve s’efface, il faut tenter de vivre. Car au-delà du rêve et de sa réalisation que reste-t-il ?

Caproni ne serait-il pas Miyazaki ? Il tient par la main le jeune Jiro, comme un maître d’apprentissage, il le pousse et chasse ses doutes. Il cherche par ce personnage à nous montrer qu’il faut laisser la place à la génération suivante. Les dernières paroles de Caproni sont « Quant à moi c’est mon dernier rêve, avant la retraite. »

Ce film est grave sans l’être, grâce à la finesse des traits et à l’éternel poésie du maître Miyazaki qui nous transportent dans nos propres rêves. Avec un final en apothéose avec les deux « aligato » de fin.

Publicités
Cet article, publié dans Cinéma, Culture, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s