La liberté d’expression sous contrôle

Le 11 janvier, la France a rappelé au monde entier son amour à son droit de liberté d’opinion. Les attentats survenus à Paris les jours précédents contre le journal Charlie Hebdo et le magasin casher, ont soulevé une question sur toutes les lèvres. Jusqu’où pouvons-nous aller sous couvert de la liberté d’expression ?

crédit : Flickr/mattt.org | Flickr

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L’article 11 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen de 1789 reconnait « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi ». Ce principe est d’ailleurs rappelé dans la convention européenne des droits de l’homme.

Donc la liberté d’expression s’applique à tous, aussi bien à toute forme de presse que, à toute forme d’humour. De ce constat, nous pouvons dire que quelque soit le mode d’application entrant dans le champ de notre expression, elle s’exerce pour tous et sur tous les sujets.

Alors pourquoi tant de bruit à l’égard de la condamnation du public des caricatures de Charlie Hebdo ou de l’humour acerbe de Dieudonné ? Et la différence de traitement judiciaire appliqué pour ce dernier.

Pour comprendre toute la problématique, il faut prendre conscience des limites imposées par le cadre de la loi. En France, elles relèvent de deux catégories : la diffamation et l’injure ainsi que tous propos appelant à la haine, comme l’apologie de crimes contre l’humanité, les propos antisémites, racistes ou homophobes. Toutefois, la loi n’interdit pas l’expression mais réprime les abus constatés. Nous comprenons donc, que toute la difficulté porte sur l’appréciation des propos par un juge qui décide d’une éventuelle poursuite judiciaire.

D’ailleurs en 2007, la justice avait donné raison à Charlie Hebdo pour une autre caricature de Mahomet. Elle avait jugé que « le contexte et les circonstances de sa publication dans le journal, n’avaient pas pour objectif d’offenser directement et gratuitement l’ensemble des musulmans » de ce fait les limites admissibles de la liberté d’expression n’étaient pas considérées comme dépassées.

Nous pouvons donc utiliser la satire, la caricature et l’humour sans contrainte, sauf celle de s’en prendre à un groupe de personnes de manière répétitive et gratuite. C’est pourquoi, Dieudonné a davantage été condamné que Charlie Hebdo, pour injure et incitation à la haine notamment contre le peuple juif.

La loi, dans ces cas précis n’interdit pas l’offense causée à un tiers mais condamne les préjudices qui lui sont faits.

La question des limites des libertés d’expression se pose également pour la profession. Mais si nous suivons le code déontologique définit par la charte de Munich signée le 24 novembre 1971, nous rentrons dans le cadre imposé par la loi. Nous avons une obligation d’information auprès de nos lecteurs mais nous avons également une obligation morale qui nous impose tout naturellement des limites à notre liberté d’expression.

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