Daesh se met à dos les pays arabes pour un acte de trop

L’Etat Islamique a diffusé le 3 février une vidéo de l’immolation d’un homme enfermé dans une cage. La victime n’est autre que le lieutenant Moaz Al-Kassasbeh, pilote de l’armée jordanienne.

Crédit photo : AFP/KHALIL MAZRAAWI

Crédit photo : AFP/KHALIL MAZRAAWI

Il avait été capturé en Syrie le 24 décembre, après l’accident de son avion. Une scène insoutenable, condamnée par la communauté internationale et la coalition occidentale qui lutte depuis des mois contre Daesh. La réponse d’Amman ne s’est pas fait attendre. Dès le lendemain, deux jihadistes ont été exécutés. L’irakienne Sajida Al-Rishawi, dont Daesh réclamé la liberté en échange de celle du pilote.

Le Moyen-Orient connait les actes criminels tels que les décapitations ou les crucifixions. La mort d’un homme brulé vif franchit un nouveau pas dans la barbarie que jamais aucun des pays de la région n’avait commis. Les pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU déclarent que de tels actes barbares ne les intimident pas mais au contraire renforcent leur détermination à lutter contre l’Etat Islamique, et les autres mouvements extrémistes. En s’attaquant à un musulman pratiquant, le groupe islamique va bien au-delà de la terreur qu’il cherche à instaurer. Il veut humilier les musulmans qui se rallient à la coalition. Alors certes, les jordaniens sont humiliés mais la soif de vengeance en est que plus grande. La Jordanie a visiblement décidé d’appliquer la loi du Talion qui consiste à répondre de ces actes par les mêmes crimes et peines. Mais notons que l’action meurtrière et abominable du crime commis par Daesh, est avant tout une véritable erreur stratégique. Jusqu’à ce jour, l’Etat Islamique a toujours justifié ses atrocités par l’interprétation des textes religieux. Mais cette fois-ci, le crime ne passe pas. Et c’est pourquoi, une vague de condamnation s’est élevées de la part des sunnites mais aussi des chiites en provenant d’autorités qui pourtant approuvent l’existence de ce groupe. De l’Arabie Saoudite au Yémen, les hautes instances religieuses expriment leur dégoût face à ce geste. Par ailleurs, en Egypte, le grand cheikh de l’université Al-Azhar au Caire, Ahmed Aql-Tayeb, a ajouté que les responsables de Daesh, devraient être « tués, crucifiés ou leurs membres amputés ». Le peuple jordanien qui jusque-là était divisé sur la participation de leur pays au côté de la coalition, et sans nul doute uni avec leur roi Abdallah II face à cette épreuve. Les jordaniens ne reconnaissent pas en l’Etat Islamique une représentation de l’islam. D’ailleurs, ils l’ont prouvé lors des manifestations qui ont suivi l’annonce de la mort du jeune pilote avec des appels à la vengeance en scandant « mort à Daesh » ou encore « tout ça ce n’est pas l’islam, l’islam c’est la paix ».

Aujourd’hui, la Jordanie fait front par orgueil et fierté. Située en avant-plan, elle partage ses frontières avec la Syrie et l’Irak. Désormais, la question consiste à savoir si elle aura les moyens suffisants pour maintenir son rythme de répression.

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