Burundi : Le pouvoir burundais bâillonne les médias

Au Burundi, le 25 avril, le parti au pouvoir depuis 2005, le Conseil national pour la défense de la démocratie – Forces pour la défense de la démocratie (CNDD-FDD), désigne le président sortant Pierre Nkurunziza pour le représenter lors des élections présidentielles du 26 juin prochain. L’annonce déclenche des manifestations d’opposition dans la capital, Bujumbura, les 26 et 27 avril. La cause, l’accord de paix d’Arusha de 2000 qui interdirait, selon les opposants, qu’un président brigue un troisième mandat.

Un manifestant dénonce la fermeture de la Radio Publique Africaine - 29 avril, capitale Bujumbura. REUTERS/Thomas Mukoya

Un manifestant dénonce la fermeture de la Radio Publique Africaine – 29 avril, capitale Bujumbura. REUTERS/Thomas Mukoya

La presse burundaise menacée

Le régime du chef de l’Etat burundais veut faire taire les voix qui ne soutiennent pas cette troisième candidature. Depuis le déclenchement des manifestations, le gouvernement interdit les reportages en direct par les trois principales stations de radio – Radio publique africaine (RPA), Isanganiro et Bonesha FM. Les autorités procèdent ainsi à des mesures à l’encontre des journalistes. Dans l’après-midi du 27 avril, l’Etat suspend les émissions de la RPA pour cause d’ «incitation au soulèvement » selon les autorités. Quant aux deux autres radios, elles ne peuvent plus émettre à destination de la province. Les lignes téléphoniques de médias indépendants ont été coupées. La Maison de la presse (siège du syndicat de la presse) a été fermée. Et les accès mobiles aux réseaux sociaux Facebook, Twitter et Whatsapp ont été bloqués. Pour le président de l’Union burundaise des journalistes (UBJ), Alexandre Niyungeko, le défaut d’information renforce la « psychose » provoquée par des rumeurs qui se propagent dans le pays. La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) et la Fédération Africaine des Journalistes (FAJ) ont réclamé au gouvernement de mettre fin à cette répression à l’égard des médias. Ils demandent que les journalistes puissent réaliser leur mission d’information pour l’intérêt de la population.

radio

La liberté des médias compromise en Afrique

Les actions menées par le gouvernement burundais contre les médias ne sont pas des cas isolés sur le continent africain. Comme le souligne Amnesty International, la liberté des médias est de plus en plus attaquée et les journalistes pris pour cible dès lors qu’ils dénoncent des disfonctionnements au sein de leur pays. D’Ouest en Est, chaque pays a sa méthode de dissuasion. En Gambie, une modification en juillet 2013 de la loi sur l’information et la communication, prévoit des peines allant jusqu’à quinze ans de prison, suivant l’infraction, comme celle de critiquer ou diffuser de « fausses nouvelles » sur des représentants de l’Etat. Les attaques contre les journalistes sont systématiquement constatées pendant les périodes électorales et contre tout ce qui « critique » le pouvoir en place. Sous couvert de lois répressives, de nombreux pays africains restreignent et empêchent le travail des médias, en interdisant le droit à la liberté d’expression, au détriment des populations et de la stabilité des pays.

Publicités
Cet article, publié dans International, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s